Atelier d’écriture (4)-Une nouvelle (1/5)

 

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Le projet qui nous a occupés ces derniers mois dans le cadre de l’atelier d’écriture que je suis est une nouvelle.

L’animatrice nous a demandé d’écrire une nouvelle en cinq épisodes. Chaque séance était dédiée à un épisode dont la consigne nous était donnée en début de séance.

Nous travaillions donc chaque fois sans connaître la suite des aventures de nos personnages.

J’ai eu pour ma part de la difficulté à donner une véritable cohérence au récit. Qu’on le veuille ou non, on a toujours en tête quelque chose en commençant à écrire. Là, il fallait sans cesse ramener notre histoire sur un chemin qui n’était, en quelque sorte, pas le notre.

Un exercice un peu plus complexe que ce que nous faisons d’habitude et que j’ai décidé de vous faire partager, une fois encore, dans les conditions de l’atelier.

Je publierai donc les cinq épisodes successivement avec les consignes correspondantes et sans les retravailler.

Si vous avez envie de vous prêter au jeu et de me faire partager vos histoires, ce serait, comme toujours, avec grand plaisir.

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Episode 1: La nouvelle fera apparaître un narrateur personnage (narrateur racontant sa propre histoire). La narration se fera à la première personne et au passé.

Le personnage commence le récit d’une promenade qui l’amène d’une ville (ou village) vers la campagne.

Il recherche des lieux solitaires. Il a envie de fuir le monde et de passer une nuit à la belle étoile.

Il est à pieds et ne rencontre personne.

Vous inclurez une rivière ou un plan d’eau dans la description des lieux.

Le texte sera descriptif, permettant au lecteur de découvrir des éléments de la personnalité du narrateur.

Temps imparti: 1h30

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Je dévalai quatre à quatre les marches du grand escalier de la demeure bourgeoise de mes parents où j’avais passé toute mon enfance. Le feu aux joues, je sautai dans mes bottes, attrapai une veste chaude et me coiffai d’un chapeau avant d’ouvrir la porte d’entrée à toute volée et de la claquer suffisamment bruyamment pour que ma colère ne puisse faire aucun doute pour chacun des occupants de cette maison.

L’air vif du soir tombant me piqua les pommettes et me permit d’apaiser mon esprit. Inutile d’espérer regagner ma chambre dans les prochaines heures sans devoir affronter une conversation d’homme à homme avec mon père. Les choses étaient allées trop loin cette fois ci. Déjà, j’entendais son pas précipité derrière moi. Les derniers mots que j’avais prononcés avaient fait mouche. Il n’en fallait pas plus pour faire exploser sa violence, toujours à fleur de peau. Il devait tenter de me rattraper. Courage, fuyons.

J’optai pour une promenade champêtre et gagnai prestement le chemin de terre qui prenait naissance derrière le presbytère pour rapidement laisser derrière lui le bourg et ses habitants. Une centaine de pas me suffit pour sentir la colère et la peur s’endormir dans un recoin de mon esprit et m’assurer que j’avais semé mon poursuivant. Mon cœur s’allégeait à chaque enjambée et plus les champs de blé gagnaient sur la pierre des villages plus j’allais avec insouciance.

Bientôt, le bruit des commères sur leur trottoir et la rumeur de la route furent remplacés par le doux pépiement des oiseaux.

Je me donnais tout entier à la caresse du vent.

Grisé par cette soudaine liberté, je décidai de laisser derrière moi le chemin sur lequel j’avais à peine parcouru un kilomètre et de poursuivre ma fugue à travers champs.

Je frôlais les épis du plat de la main, savourais le chant que la bise du soir fredonnait à mes oreilles, humais l’air humide et terreux de la campagne.

Je me remémorais mon enfance passée à courir à travers ces mêmes lieux, les rires et l’insouciance de ces années pas si lointaines et pourtant à jamais révolues.

A cette pensée, une vague de nostalgie s’empara de mon âme. Le soleil couchant irradiait déjà le ciel de ses rayons, embrasant la cime des chênes qui bordaient ma promenade.

La colère et le chagrin reprirent leurs droits et s’emparèrent de moi.

Je me sentis perdu, un petit poucet abandonné au milieu de nulle part. Alors que je me défendais quelques minutes auparavant encore contre mon père qui me reprochait sans cesse mon immaturité, je la ressentais soudainement au plus profond de moi.

Repenser à mon père et à sa constante injustice à mon égard me conduisit à me ressaisir sans plus attendre.

Il était temps pour moi de devenir aux yeux de tous l’homme que je prétendais être depuis si longtemps. Je ne donnerais pas raison à ma famille une nouvelle fois.

Je refusai de me laisser saisir par la peur et pris la décision de poursuivre mon escapade à la lumière de la lune qui semblait bien décidée à me servir de guide cette nuit là.

Je repris alors ma route d’un pas assuré, sourd aux chuchotements et hululements de la nuit. Je marchais non plus sans but mais dans l’espoir de trouver un abri.

Je ne me sentais plus un intrus dans le fourmillement de cette vie nocturne. Ma quête faisait de moi un héros dont jamais ni l’enthousiasme ni la foi ne vacille.

Désormais, j’ignorais le doute.

La réalité se rappela cependant à moi lorsqu’après plusieurs heures d’errance, les pieds réclamant justice, je dus me rendre à l’évidence que je ne croiserais ni grange ni cabane dans cette contrée et qu’il me faudrait me contenter de passer la nuit à la belle étoile.

Pour romantique que fut cette perspective, je n’en craignais pas moins le froid et l’humidité qui ne manqueraient pas de bientôt s’abattre sur moi.

Mais la fatigue eut raison de mes réticences et, après avoir traversé une clairière pour aller m’abreuver à la rivière qui la parcourait, je m’assis quelques instants pour ne plus parvenir à me relever.

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