Répertoire- Partie 1

Ecriture sur un thème en temps limité.

Si vous avez envie de jouer aussi et de partager votre texte (ou de proposer un thème qui vous tente), ce serait avec un plaisir immense !

Consigne : Choisissez au hasard un nom dans votre carnet d’adresse et racontez votre rencontre  et un peu de votre histoire avec cette personne (le récit n’est pas forcément autobiographique. Vous pouvez tout inventer!).

Temps imparti : 45 minutes (2 autres sessions de 45 minutes permettront de terminer le texte)

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Ce que permet le monde d’aujourd’hui, peu de nos aïeuls l’aurait imaginé.

Je n’avais jamais rencontré Louise quand j’en suis tombée follement amoureuse.

Je partais en voyage de Noces avec mon mari tout neuf quelques semaines plus tard et une collègue m’avait gentiment transmis l’adresse mail de Louise qui connaissait très bien Lisbonne pour y avoir vécu et ne se lassait jamais de parler de cette ville aux mille charmes.

Je profitais d’une soirée solitaire pour lui écrire un bref message :

« Bonjour Louise, Julie m’a communiqué ton adresse. Je pars dans quelques semaines pour Lisbonne et il paraît que ton répertoire regorge de bonnes adresses. Si tu en as le temps, pourrais tu me conseiller quelques visites et restaurants? Nous restons une semaine seulement. Merci beaucoup pour ton aide. Anna  »

Un message sans importance. De ceux qu’on envoie sans les relire et sans plus y penser sitôt le bouton « envoyer » effleuré. Un message qui fit pourtant basculer ma vie.

Quelques minutes seulement séparèrent mon email de sa réponse:

« Bonjour Anna!

Quelle bonne idée a eue Julie! J’adore parler de Lisbonne !! Elle a du te le dire non?

Vous n’aurez pas besoin de moi pour aller visiter le Castelo de Sao Jorge, le Mosteiro dos Jerónimos ou les musées de la ville.

Mais je me dois de vous empêcher de rater la vraie beauté de cet endroit.

C’est un lieu qui se vit. Même si vous ne restez qu’une semaine, prenez le temps.

Promenez vous Principe Réal, perdez vous dans les ruelles de l’Alfama, faîtes la fête Rua Nova do Carvalho. Oubliez le shopping et les photos! Parlez aux habitants, mangez, buvez et remplissez vos têtes de souvenirs pour les vingt prochaines années.

Le mieux serait que l’on puisse s’appeler pour que je te donne quelques adresses en fonction de ce que vous aimez et avez envie de découvrir.

Je te laisse mon numéro (06.06.06.06.06).

Appelle moi quand tu veux!

Bon voyage.

Louise »

Je me suis couchée le sourire aux lèvres. L’enthousiasme de cette Louise était contagieux et j’avais de plus en plus envie de découvrir cette ville dont elle ne m’apprenait pourtant rien dans son message.

Peut être s’attendait elle réellement à ce que je l’appelle?

Ou peut être était elle une de ces filles aussi superficielles que populaires qui distribuent leur numéro et leur sourire sans plus se rappeler de vous quand vous les contactez quelques jours plus tard après avoir passé des journées entières à ne penser qu’à elles.

Et, avouons le, je suis timide. Empruntée même. Une sorte d’handicapée sociale.

Alors que tout est si fluide à l’écrit, je perds pied dès que ma chair entre en jeu.

Je me sens moche et stupide. Toujours moins intéressante que mon interlocuteur. Vide.

La rencontre physique permet malgré tout de se raccrocher à un aléa extérieur quand la situation m’échappe. Il y a toujours un passant qui attire l’attention quand la conversation patine, un objet qui attire le regard quand la gêne s’installe.

Mais le téléphone, ça ne pardonne pas. Comment supporter le poids des blancs qui s’installent,  d’une voix qui tremble, des phrases qui ne font plus sens tant elles sont hésitantes sans pouvoir compter sur une diversion commune ?

C’est un pas que je ne franchirai pas.

Le ton de son mail a suffi à me convaincre que nous avions fait le bon choix en optant pour le Portugal plutôt que pour une destination plus exotique d’où nous n’aurions ramené que des souvenirs de cocktails dilués et de plages à la beauté artificielle, uniquement destinés à détourner le regard des touristes des conditions de vie des habitants.

Je me contentais donc de lui répondre un rapide mais poli :

« Merci Louise pour ta réponse si rapide et si enthousiaste! Je compte les jours avant notre départ.

Je ne manquerai pas de t’appeler si j’ai besoin de plus de renseignements.

Merci beaucoup!

Bonne nuit.

Anna »

et j’allais dormir.

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